Interviews / Christian Delagrange / 1ère partie
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Interview de
Christian Delagrange
(novembre 2002)

 

itw: Christian Delagrange comment avez-vous été contacté pour participer à ce spectacle ?
C.D. : Ce sont les talentueux Alain Boublil et Claude-Michel Schönberg qui ont contacté mon producteur de l'époque, pour faire parti de cette comédie musicale.
Il n'y a pas eu de casting spécifique puisqu'ils me connaissaient bien et ils savaient ce que je faisais, j'ai simplement été choisi. Mais je me souviens aussi qu’ils avaient tenu à me faire travailler deux ou trois heures avec un prof de chant. Je n’ai jamais compris à quoi ça servait vraiment au niveau où j’en étais et pour ce genre de prestation… sans doute pour être rassurés sur mes compétences vocales.

itw: Vous avez accepté tout de suite ?
C.D. : Oui bien sûr c'est quelque chose qu'on a envie de faire.
Il faut préciser ce clin d’œil à l'histoire : de par ma mère je suis descendant de Camille Desmoulins ; c'est donc un ancêtre et c'est assez amusant de retrouver son arrière arrière … arrière-grand-père tous les soirs sur scène.
J'ai toujours été passionné par ce côté « comédie » -comme pour l’image- tout ce qui est artistique m'a toujours plu et c'est un domaine que je ne touchais pas trop : la comédie, je ne connaissais pas vraiment à l'époque ; j'étais donc très heureux de mettre les pieds dans un théâtre.

itw: Comment se sont passées les représentations ? ambiance...

C.D. : Il y avait une ambiance très sympa et des amitiés qui se sont liées.
Il y a eu un essoufflement personnel au bout de 100 jours qui était tout à fait normal pour le jeune intrépide que j’étais : ça commençait à devenir une routine pour moi qui avais l'habitude de chanter dans un endroit après des centaines de kilomètres et de repartir ailleurs, je commençais à avoir une impression de pointer à l'usine tous les soirs.
Mais ce qui était paradoxal, c'est que ça restait magique : chacune des représentations était malgré tout différente et laissait naître le plus gros trac de ma carrière chaque jour renouvelé.
Malheureusement au milieu de tout ça j'ai perdu mon père… Ce fût une époque difficile pour moi...
Ce qui était surtout génial c'était d'avoir ce grand orchestre qui tous les soirs nous accompagnaient. Ce n'était pas une bande comme aujourd'hui ou même pire encore avec des voix enregistrées, il fallait vraiment chanter, accompagné par le talentueux violoniste Roland Bertier et ses amis musiciens dans la fosse.


itw: Comment réagissait le public ?

C.D. : A un moment donné j’étais guillotiné et je recevais sans arrêt des lettres disant "non je ne veux pas que tu meurs". C'est très drôle à vivre, car d'un seul coup on se retrouve dans la peau du personnage, en dehors des horaires de représentation ; en plus cette naïveté de penser que je meurs dans cette comédie fait que l'on est encore plus Charles Gautier.

itw: Combien de temps ont duré les représentations ?
100 représentations à raison de 6 par semaine.
De novembre 1974 à janvier 1975.

2nd partie(suite de l'interview)
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